Suicide Squad : Chronique d’un film compliqué

Une première photo officielle du casting qui ne suffit pas à enrayer les doutes sur une adaptation périlleuse.

Qu’est-ce que le "Suicide Squad" ou "Task Force X" ?
En 1959, deux scénaristes de DC Comics, Robert Kanigher et Ross Andru, proposent un pitch audacieux à leur éditeur. Une équipe de super-vilains au service du gouvernement pour les missions que les super-héros "propres" (Superman, Wonder Woman, etc.) ne peuvent pas accomplir. Pour les contraindre, le gouvernement, via Amanda Waller (amenée à diriger le Suicide Squad/la Task Force X), va implanter une bombe sur chacun d’eux. S’ils abandonnent, ils meurent, s’ils se font attrapés, ils meurent, s’ils reviennent, ils peuvent être éliminés. C’est ainsi que naît le Suicide Squad, ou Task Force X, l’autre nom du groupe. Les missions de l’équipe les mènent dans les recoins du monde DC Comics, avec en toile de fond la question de l’interventionnisme américain dans les affaires mondiales. Le succès est au rendez-vous au début, mais hélas l’effet s’estompe avec le temps, faute de situations innovantes.
En 2011, DC Comics relance pour la énième fois ses titres et "Suicide Squad" est de retour dans la partie avec une seule différence notable, l’inclusion de la petite amie du Joker, Harley Quinn.
Harley Quinn est un personnage créé par Bruce Timm et Paul Dini pour les besoins du dessin animé "Batman" ("Batman: The Animated Series", titre original) des années 90 et qui fut un succès. Le personnage haut en couleurs est tellement célèbre que DC Entertainment décide de l’inclure dans l’univers de ses comics. Les comics où apparaît Harley se vendent comme des petits pains, sa première apparition valant plus de 70€ sur eBay.

Quels indices la photo officielle divulgue sur le futur film ?
David Ayer, le réalisateur de "Fury" et "Sabotage", a promis que le film serait fidèle aux comics, mais à la version 2011. Magie du marketing, une photo des acteurs en costume est dévoilée peu de jours après la sortie du film "Avengers : Age of Ultron", le blockbuster du concurrent Marvel Studios qui cartonne dans les salles mondiales. Rappelons au passage que le film titré "Suicide Squad" ne sort qu’en août 2016.
La première chose que nous révèle la photo, c’est que le casting du film est complet, et l’équipe bien fournie- 9 personnages, contrairement aux 6 personnages maximum des comics. De gauche à droite, on peut reconnaitre : Adam Beach en Slipknot, Jai Courtney en Captain Boomerang, Cara Delevingne en Enchantress, Karen Fukuhara en Katana, Joel Kinnaman en Rick Flagg, Margot Robbie en Harley Quinn, Will Smith en Deadshot, Adewale Akinnuoye-Agbaje en Killer Croc et Jay Hernandez en El Diablo.
L’équipe "comics" initiale réunissait Harley Quinn, Deadshot, Captain Boomerang, King Shark, Black Spider, et Yo-Yo. Harley Quinn, Katana, Deadshot, Killer Croc sont des adversaires de Batman, Captain Boomerang est un adversaire de Flash, les autres sont des personnages de seconde zone qui n’ont même pas de super-héros particulier à combattre, et du coup pas d’apparitions régulières pour eux. Le casting repose beaucoup sur l’univers de Batman. Si l’on ajoute à cela que Jared Leto a été choisi pour interpréter le Joker, les intentions sont claires : faire appel aux fans de Batman. Le choix de personnages secondaires tels qu’El Diablo peut signifier qu’il va y avoir pas mal de morts dans le film, la disparition de ces personnages ne gênera toutefois pas les futures productions possiblement prévues.
Quant aux costumes, ils sont relativement fidèles aux comics. Toutefois plusieurs détails laissent perplexes. Enchantress (Cara Delevingne) paraît sortie d’une benne à ordure alors que la sorcière version "comics" est plutôt propre sur elle. Le maquillage de Killer Croc est médiocre. Killer Croc est supposé être un crocodile géant à forme humanoïde, le maquillage n’est pas assez pointu pour nous faire croire cela. Vu que la photo est officielle, ça laisse très peu d’espoir d’amélioration du maquillage.

Pourquoi Warner Bros. a-t-il choisi "Suicide Squad" comme son prochain film ?
Voilà une question qui brule les lèvres de plusieurs fans, moi également. "Suicide Squad" doit sortir après "Batman v Superman". C’est le deuxième film du futur univers cinématographique de DC Comics. De tous les choix possibles ("Flash", "Wonder Woman", "Aquaman", "Green Lantern", "Super Girl"), pourquoi choisir un titre obscur, peu connu du grand public ? Mon opinion : la crainte de l’échec. Warner Bros. va faire du Batman sans l’avouer. "Suicide Squad" regroupe 5 adversaires de Batman, des rumeurs évoquent une apparition de Ben Affleck sur le tournage. Tout porte à croire qu’une partie de l’action se déroulera à Gotham. Une des célèbres missions du Suicide Squad consista à récupérer le Joker à Arkham. Cette mission a même été adaptée en long métrage animé dans "Batman Assault on Arkham". En offrant un film avec le Joker, Harley Quinn, et même Batman, WB s’assure les bonnes grâces des fans et va sans doute viser un bon chiffre au box-office.

Ou peut-être pas.
D’un point de vue merchandising, vendre à des enfants des supers vilains en jouets sans les super-héros paraît difficile, à moins que des super-héros apparaissent dans le film, ce que nous ne savons pas à l’heure actuelle. "Suicide Squad" promet d’être un film clé dans l’univers commun DC Comics. Jared Leto aura la lourde tâche de remplacer Heath Ledger, incroyable Joker dans "Dark Knight Returns" (2008). Comment Warner Bros va réagir face aux réactions hostiles des fans, outrés par le nouveau look ? Will Smith- qui a refusé des rôles dans les suites "Independence Day 2", "Bad Boys 3", et "I Am Legend 2", pourrait apparaître dans le futur film "Justice League" ou "Batman", or il n’a pas signé de contrat sur plusieurs films avec DC Entertainment. A vrai dire, aucun acteur n’a annoncé avoir signé de contrat sur plusieurs films. Que se passera-t-il si Margot Robbie ne veut ou peut plus être Harley Quinn ? Si le film échoue, cela signifiera-t-il que Warner Bros. va abandonner les projets plus risqués, tel que Wonder Woman ?

L’idée d’une production "Suicide Squad" est originale, le pitch audacieux, mais ça sent le réchauffé. La série télé "Arrow" a introduit la Task Force X dans des épisodes de la deuxième saison en 2014. Ces épisodes ont beaucoup plu, avec des audiences en hausse de 13%. Les fans de la série auront du mal à comprendre que le film n’ait aucun lien avec le reste. Contrairement à Marvel Studios, DC Entertainment a décidé de créer 2 univers différents, avec les mêmes personnages sur deux médias. Il y aura un Suicide Squad au cinéma et à la télé, un Flash à la télé et au cinéma, un Green Arrow à la télé et au cinéma. Tous ces mélanges troublent la compréhension et la cohérence des adaptations. Ce flou est volontairement entretenu par Warner Bros. qui ne communique pas pour expliquer le choix du Suicide Squad ou pour parler Univers Commun DC Comics- synergie des films dans un même monde. Kevin Feige, président de Marvel Studios, l’a évoqué dès le début de l’Univers Commun Marvel.
Je souhaite à Warner Bros. de se sortir d’une communication confuse, sur un film complexe, incluant des personnages pas vraiment têtes d’affiche.

 

Almost Human : Le renouveau de la série de science-fiction ?
Le nouveau projet de J.J. Abrams marie à merveille la traditionnelle série policière et la série d’anticipation.
La dernière série  de science-fiction des producteurs de « Fringe » J.H Wyman et  J.J. Abrams est un assemblage innovant d’éléments. À bien des égards, « Almost Human » est une série policière classique, suivant les règles de ce genre. Ainsi, on retrouve les stéréotypes du bon policier mais au mauvais caractère, la théorie de la « taupe » à l’intérieur de la Police, ou encore l’organisation mafieuse tentaculaire qui a ses entrées partout.
Situé en 2048, « Almost Human » dresse un portrait d'un avenir où la technologie a avancé à une vitesse incontrôlable et le taux de criminalité a augmenté à un rythme stupéfiant de 400%. Afin de lutter contre cette marée des crimes, la police de Los Angeles a ordonné que toutes les équipes incluent au moins un cyborg. Les androïdes seront en première ligne sur le terrain et pourront prendre des décisions logiques qui peuvent sauver des vies. John Kennex n’a pas confiance en la nouvelle technologie et a une méfiance viscérale pour ses collègues non - humains.

Le Détective John Kennex (Karl Urban) est la quintessence du policier tête brulée: Il est talentueux, mais c’est un danger potentiel qui ne respecte pas les procédures. Il a souffert d’une perte traumatisante sur une opération de police qui couta la vie à toute son équipe. A présent, il doit se battre pour retrouver son ancien statut. Pour couronner le tout, John Kennex est forcé de faire équipe avec un androïde, seule forme de vie qui ne trouve pas grâce à ses yeux.


Seul survivant d'une embuscade tendue par une organisation du crime brutale connue sous le nom The Syndicate, John Kennex accuse un flic "synthétique" de ne pas avoir sauvé la vie de son partenaire humain. Après une longue récupération, John Kennex retourne au travail dans un état de dépression et de rejet psychologique des parties de son corps synthétiques, amputées à la suite de l’embuscade. Après un partenariat bref et infructueux avec le dernier modèle d’androïde, le MX- 43, le capitaine de John Kennex (joué magnifiquement par Lili Taylor) lui adjoint un modèle de DRN plus connu sous le nom "Dorian" (Michael Ealy vu dans « Barbershop », « 2 Fast 2 Furious », « Underworld »).  Ce type de modèle a été abandonné après l'apparition de réponses émotionnelles erratiques, Dorian est à la fois un étudiant et une réflexion de la nature humaine. C'est là que la partie science-fiction de l'histoire entre en scène : Dorian est un androïde qui est en partie humain, tandis que John Kennex est un homme qui est en partie machine.

L’alchimie entre Dorian et John Kennex se ressent très bien à certains égards. La thématique des deux policiers qui ne s’aiment pas mais qui en viennent à se respecter est récurrente dans les films/séries policières. On peut citer en vrac, « L’Arme Fatale », « 48 Heures », « NYPD Blue ou encore « Hawaii 5-0 ». Dans ce cas, John Kennex doit élargir son esprit autant que Dorian, ce qui forme le fil rouge de la série. Dorian nous apprend sur la nature de l'humanité à travers ses actions ainsi que ses observations. Il est «l'autre» qui nous permet de nous voir plus clairement. Tout comme lorsque vous voyagez, vous êtes en mesure de gagner une nouvelle perspective sur votre propre culture en observant les différences et les similitudes à l'autre. Dorian est un androide qui se comporte comme un humain, traite l’information, établi des liens, et ressent des émotions comme nous le faisons. De cette façon, nous pouvons nous rapporter à lui, et nous pouvons nous demander : Qui nous rend ce que nous sommes ?  Quels sont les étapes clés qui nous façonnent en tant qu’humain ? Est-ce la naissance ? Est l’enfance ou la vieillesse ? Si une machine comprend, vit, ressent mais n’a pas de passé, cette machine est-elle moins humaine que nous ?
Il y a quelques grands thèmes intéressants soulevés dans ces premiers épisodes. Certains renvoient à l’essence de l'être humain, et certains renvoient à la façon dont nos faiblesses agissent également comme nos plus grandes forces. Si « Fringe » est devenu pour moi un baromètre de séries de science-fiction, « Almost Human » doit aller plus loin et jouer avec ces idées nouvelles et ambitieuses pour que la série progresse. Le pilote est  engageant, bourré d'action et, finalement, juste amusant à regarder. Les idées sont là, mais elles ne sont pas insérées de manière maladroite et répétitive. A titre de comparaison, Marvel’s Agents of S.H.I.E.L.D. répète lourdement le même thème, les agents ont pour mission d’intervenir dans un monde de nouveaux dangers.

Visuellement, « Almost Human » prend ses racines dans les classiques de science-fiction. Le paysage urbain trempée par la pluie évoque « Blade Runner » Le design est capable d'intégrer des éléments de notre monde avec une version peu probable, mais divertissante de ce qui sera possible dans 35 ans.

Ce sont les performances des acteurs qui surprennent agréablement. Karl Urban est, comme toujours, un brin bourru mais charmant. Tout aussi important, lui et Michael Ealy ont une alchimie exceptionnelle à l'écran. Michael Ealy offre une performance nuancée dans laquelle nous sommes en mesure de croire qu'il est une créature comme nous n'en avons jamais vu. Il est presque exaspérant en androïde qui surpasse tout ce que l’on peut attendre d’une forme de vie intelligente. Dorian est capable de traiter une quantité inimaginable d'informations instantanément, il a l’apparence d’un homme, et pourtant il ne possède pas le bagage émotionnel d'un homme adulte. Du coup il possède le système de réactions candides d'un enfant. Il est tout simplement irrésistible à regarder. Les effets spéciaux de Dorian, comme ses tempes qui s’illuminent quand il ‘réfléchit’, sont sobres et révolutionnaires  en même temps.


« Almost Human » est une série policière classique qui s’entremêle avec des thèmes de science-fiction efficaces. Le point crucial de la série est dans le titre. Les scénaristes se demandent ce que cela signifie d'être humain dans un monde submergé par la technologie. Souvent, le moyen le plus efficace pour révéler la nature d’une chose est d’examiner ce qu'elle n'est pas. L’androïde Dorian est à bien des égards plus humain que certains des hommes qui l’entourent. Les thèmes sont-ils trop subtiles ? Non, les épisodes sont à la fois impressionnants et agréables à regarder. Michael Ealy et Karl Urban sont  deux acteurs charismatiques, avec une très bonne alchimie. Il est facile de dire: « Ca n'est pas Fringe. " Et ça n’est pas pareil, c'est vrai. « Almost Human » est un projet distinct avec une approche originale. Mais ne l'oublions pas, « Fringe » a évolué au cours des saisons, la série est devenue spéciale pour les fans. « Almost Human » a encore à trouver ses vraies racines, est ce principalement une série de science-fiction ou une série policière ?
 
Ben Affleck et Matt Damon vont produire le film « Sleeper », tiré d’un comics DC.
  Les deux stars, fans de comics, vont adapter en film un comics vainqueur de plusieurs prix, dont les Eisner Awards.
 
L’adaptation de l’univers DC Comics continue avec une surprenante annonce. Beaucoup de fans attendent depuis longtemps de voir Wonder Woman, Flash, ou encore Aquaman. Le site Variety (http://variety.com/2013/film/news/sleeper-ben-affleck-matt-damon-1200866139/) vient d’annoncer que l’adaptation d’un comics totalement diffèrent en bien des points est lancée par Warner Bros. « Sleeper » fait partie du Wildstorm Universe, sorte de sous-catégorie de DC Comics. Cet univers est moins connu et offre une plus grande liberté de manœuvre aux scénaristes.  En dehors du super-héros classique, on peut y lire les aventures d’un jeune vampire contre les forces de l’Eglise (Crimson), une équipe de héros enquêtant sur des phénomènes paranormaux (Planetary), ou encore un ancien militaire qui devient un suppôt de Satan (Spawn).
Le succès de « Sleeper » provient d’une approche inédite du monde des super-héros. La priorité est donnée à l’intrigue d’espionnage plus qu’aux super pouvoirs. Dans ce comics qui dura 2 ans (2003-2005), Holden Carver est envoyé sous couverture dans une organisation de super-vilains. La seule personne qui est au courant de la mission d’Holden Carver tombe dans un coma profond dès le début de la mission. Holden Carver se retrouve sans moyens de se dévoiler, avec personne pour prouver qu’il n’est pas un criminel. Pour le bien de sa mission, Holden Carver se voit doté de pouvoirs qu’il déteste. Ed Brubaker, le scénariste, est souvent cité comme maitre des intrigues intenses et des histoires policières. La série a valu a Ed Brubaker  de remporter l’Eisner Award 2006. Puis Ed Brubaker fut engagé par Marvel Comics pour travailler sur « Captain America ». Le prochain film Marvel « Captain America : le Soldat de l’Hiver » sera adapté d’une de ses histoires.
 
Ben Affleck et Matt Damon ont déjà collaboré ensemble en 1998 sur « Good Will Hunting », qui leur a valu l’Oscar du meilleur scenario. Shawn Ryan (scénariste de « The Shield ») et David Wiener (scénariste de « The Killer ») ont été choisis pour l’adaptation du script, Ben Affleck et Matt Damon n’étant pour l’instant que producteurs. Le choix du casting n’est fait que plus tard, mais quand on sait que Ben Affleck a pour habitude d’apparaitre dans les films qu’il réalise ou produit, tout porte à croire que les deux acteurs seront devant et derrière la caméra. Leurs noms ajoutés au casting seraient des arguments de poids pour donner une grande couverture médiatique au film. Le comics, bien qu’il fut un succès, ne réalisait pas les mêmes chiffres de vente qu’un Spider-Man ou un Batman. En plus du choix de Ben Affleck en futur Batman, Warner Bros. semble avoir autant confiance en Ben Affleck qu’en Christopher Nolan. Je reste très perplexe concernant cette stratégie, l’expérience de Ben Affleck dans les films de super-héros fut désastreuse (voir « Daredevil »).Ben Affleck ou Matt Damon n’ont pas réalisé ou produit de films de science-fiction, ils n’auront pas le droit à l’erreur.
Aucune annonce officielle n’a été faite concernant la sortie du film.
 

@ Warner Bros.Pictures
 
Batman Superman : un choix sans risques ?
Warner Bros. a annoncé son prochain film de super heros, une surprise sans creativité
 
 
Au dernierSan Diego Comic-Con,en Californie, Zack Snyder, réalisateur de « Man of Steel » (2013) et les studios Warner Bros ont annoncé un projet qui fait déjà saliver les fans de l'univers DC Comics et qui a surtout fait hurler les spectateurs présents lors de l’annonce : la rencontre entre Superman et Batman !
 La suite des nouvelles aventures de Superman « Man of Steel 2 / Batman Superman » le confrontera pour la première fois au chevalier noir de Gotham City, Batman.L'acteur Henry Cavill reprendra son rôle de Superman. L'interprète de Batman n'a pas encore été choisi, Christian Bale ayant abandonné sa cape après le troisième et dernier volet de« Dark Knight »l'an dernier.La volonté de Warner Bros. serait d’imposer un interprète plutôt méconnu dans le rôle de Bruce Wayne (source comicvine). Physiquement proche de la représentation classique du personnage, l'acteur qui interprètera Batman devra ainsi former un duo et un duel intéressant avec Superman. Le réalisateur Zack Snyder travaille actuellement sur l’histoire avec le scénariste David S. Goyer qui a écrit entre autres « Blade : Trinity » (2013), « Man of Steel » (2013), « The Dark Knight Rises » (2012), « The Dark Knight : Le Chevalier noir » (2008), « Smallville » (2002-2012).
 Une fois de plus, Christopher Nolan sera assigné à la production. Snyder commencera le tournage en 2014 pour une sortie au cinéma prévue pour l’été 2015. « Flash »devrait ensuite sortir en 2016, suivi de « Justice League »en 2017 d’après Latino Review.
 
Cette rencontre risque de ne pas être du goût de tout le monde. En effet, même si dans « Man of Steel », apparaissait un satellite avec l'inscription Wayne Industries dessus, certaines thématiques ne sont qu'effleurées comme l'amitié Zod-Jor El, l'entraînement de Clark dans sa « forteresse », le parcours de Lois et surtout le côté sombre de Kal-El n’avaient mêmepas encore été développées.
Warner Bros. se devait-elle de frapper un grand coup après la sortie de « Man of Steel »  (2013) pour concurrencer Marvel et leurs avancées sur leurs séries de personnages super-héros ?
Dans les comics, les rencontres entre Superman et Batman sont multiples, la première figure dans « World’s Finest Comics » (1941), épisode dans lequel les deux héros s’allièrent pour la première fois, ce qui marque le premier « team-up » officiel de DC. Pour le coup, cette première alliance (scénarisée par Edmond Hamilton) était délibérée et clairement un « coup » organisé en toute connaissance de cause par l’éditeur. Dans la série comics Superman (1986), Batman déduit l’identité secrète de Superman, en analysant les apparitions de Superman et Clark Kent. Déboussolé, Superman trichera avec ses rayon-x pour découvrir qui est Batman.
Plusieurs scénaristes de comics se sont penchés sur la relation ami/ennemi de Superman et Batman. Tout les oppose, Superman cherche à  inspirer les gens par son attitude et ses valeurs, Batman veut instaurer la peur dans le cœur des gens. Superman croit en la Justice, Batman applique sa propre justice. Ils sont comme les deux faces d’une même pièce. Malgré leurs différences, ils ont confiance l’un en l’autre et se respectent. Dans Superman # 44 (1987), Superman donne un morceau de Kryptonite à Batman, au cas où il venait à basculer du mauvais côté de la loi. C’est un moyen de symboliser la confiance de Kal-El, qui pense que Batman est le seul à sa hauteur malgré leurs différences.
 
 
 
 
 
 
Dark Knight Returns(1986), comics important dans l’univers Batman proposera une nouvelle approche de la relation ami-ennemi. Superman devient l’ennemi de Batman quand leurs valeurs s’opposent. Dans une histoire ou les super-héros se sont retirés, Batman revient combattre la passivité du gouvernement américain, et pour démanteler les gangs qui gèrent les rues. Kal El, eternel boy scout, est le seul à pouvoir stopper Bruce Wayne, il est envoyé par le président pour stopper Batman, quoi qu’il en coute. Le comics se termine par un combat titanesque entre les deux.
La prise de risque est minimale pour Warner Bros. D’un point de vue box-office, les franchises Superman et Batman réunies représentent plus de 2,6 Milliards de dollars (source Box-office Mojo)
Le virage sombre choisit par Christopher Nolan correspond maintenant aux deux adaptations. Il y a une synergie des idées entre « Man of Steel » et les « Batman ». Les vilains sont plus forts, plus extrêmes dans leurs actions et motivations. Les super héros sont forcés à réagir de manière plus drastique, voire a franchir la ligne et tuer (voir « Man of Steel »). Cette noirceur dans l’histoire enlève petit à petit de l’innocence des personnages DC Comics. Dans les comics, Superman est toujours plus coloré et plus amusant que Batman. Kal-El fait face a des situations extravagantes (planètes à sauver, volcan a éteindre) et plus amusantes que celles de Batman (vengeance, meurtre, assassins psychopathes)
« Man of Steel » a élargi le champ des possibles pour les films DC Comics, « Dark Knight » étant un film replié sur  Gotham et les humains. Dans « Man of Steel »,  on peut voir des extra-terrestres et d’autres mondes, facilitant de la même la future introduction des autres membres de la Justice League of America.
L’intérêt de commencer par Batman et Superman réside dans le contrôle. Deux personnages valent mieux que huit. La plupart des membres de la Justice League n’ont pas eu droit à leur film et ne sont pas assez connu en dehors des Usa. Des personnages fondateurs de la Justice League en comics, Aquaman, Flash, Wonder Woman ou encore Martian Manhunter n’ont pas eu de film, ni d’apparition dans un media d’envergure (une apparition dans Smallville reste inférieure aux multiples apparitions de Batman) Commencer avec deux personnages, c’est aussi ouvrir une porte à des apparitions d’autres moins connus. Marvel a lancé cette habitude en introduisant des personnages récurrents, que les fans de base ou les Nerds adorent suivre de film en film tels que Agent Coulson, Nick Fury, ou encore Black Widow.
Les univers de Batman et Superman possèdent aussi les personnages les plus connus de la pop culture. Que ce soit Lex Luthor, Lois Lang ou encore le Joker ou Catwoman, les choix sont nombreux. Les vilains du futur Batman Superman seront connus d’une grande partie des fans, ce qui économisera des scènes d’introduction, pour offrir plus d’action. Le faible de nombre de scènes d’action des super héros  DC Comics étant un des défauts majeurs relevés par de nombreux fans, blogs, journaux…
D’un côté, Superman et Batman sont des arguments marketing clé, facilitant la promotion du film.
De l’autre, on ne peut s’empêcher de penser que Warner Bros./DC manquent de courage, et de créativité, ou bien ne sont motivés que par l’intérêt pécuniaire des films de comics.
Le projet Batman Superman est excitant mais conservateur. DC Comics représente plus de 5000 personnages exploitables. Des prises de risque dans d’autre media se sont avérées gagnantes. La série Tv « Arrow » reprend un personnage secondaire et pas passionnant, Green Arrow, pour en faire un héros moderne, en prise avec ses responsabilités et prêt à tout pour faire justice. Le jeu vidéo « Injustice »  prend le parti de raconter une histoire avec un Superman tyran totalitaire et un Batman chef de la résistance.
Dans un contexte de concurrence accrue, Warner Bros. doit rattraper Marvel. Pourquoi ne pas oser ? Au lieu d’un Batman Superman, pourquoi ne pas lancer le Justice League de suite ? En un film, il suffirait d’introduire un nombre réduit de membres, Wonder Woman, Flash, Aquaman et Martian Manhunter suffirait. Ensuite, le succès aidant, la porte serait ouverte pour des exploitations de chaque personnage en film solo. Marvel l’a réussi avec Avengers, qui introduit Hawkeye, Thanos, le SHIELD, Maria Hill, les Chi’tauri, etc
Marvel/Disney en sont à introduire des personnages moins connus, développant les limites de leur univers dans plusieurs directions.  Au Comic Con de San Diego, Le flot d’informations sur les futurs films Marvel à complétement noyé l’annonce DC comics.
Le temps presse pour Warner Bros. Comme tous les marchés, celui des films de super héros est en croissance, 6 fois plus de films en 20 ans (source GQ) et arrivera à maturité. La consommation de masse évoluera vers une consommation  choisie. Or Marvel est de loin en première position, Warner Bros. aura peu de chances de les détrôner en restant si prudent.
Dans la plus pure tradition comics, on peut espérer une rencontre ou Superman et Batman s’affrontent et s’allient ensuite contre une menace commune.
Conjuring : les dossiers Warren la peur de haut niveau
The Conjuring renoue avec les anciennes recettes de l’horreur tout en ouvrant de nouvelles voies
 
« Conjuring : les dossiers Warren » est un film d'horreur américain réalisé par James Wan, réalisateur sino-malaisien à qui l’on doit la saga « Saw ». C'est son dernier long-métragedans le registre horrifique après « Insidious »(2010) dont la sortie du second volet -où figure également Patrick Wilson-, est prévue pour le 2 octobre prochain. Il est produit par Rob Cowan(« The Crazies » 2010) et Peter Safran qui n’est nul autre que le réalisateur de « Scary Movie » (2000).
 
Avant Amityville, il y avait Harrisville à Rhode Island … « Conjuring : les dossiers Warren » raconte l'histoire horrible, mais vraie, d'Ed et Lorraine Warren, démonologues et enquêteurs paranormaux réputés, venus en aide à la famille Perron, Roger, le père incarné par Ron Livingston («The Odd Life of Timothy Green » 2012), son épouse Carolyn jouée par Lili Taylor (« Monsieur Flynn » 2012) et leur cinq filles, tous terrorisés par une présence inquiétante dans leur ferme isolée de Nouvelle-Angleterre dans les années 70… Contraints d'affronter une créature démoniaque d'une force redoutable, les Warren se retrouvent face à l'affaire la plus terrifiante de leur carrière…Le film est adapté d'un livre d'Andrea Perron, l'une des cinq filles de la famille.
 
L’introduction particulière de « Conjuring : les dossiers Warren »nous montre, dans une scène pré-crédits, les personnages de Lorraine et Ed Warren, incarnés par Vera Ann Farmiga(« Joshua » (2007), « Esther » (2009)) et Patrick Wilson(« Watchmen - Les gardiens » (2009), « Insidious » (2010) et prochainement « Insidious 2 »)sur une affaire antérieure, aider un trio de jeunes se réconcilier avec une poupée possédée : Annabelle. Précurseurs dans le domaine paranormal, ils ont enquêté sur toutes sortes d’affaires : possession démoniaque, des objets possédés, les fantômes, les maisons hantées,…Ed, décédé en 2006, était un catholique dévot et Lorraine, dotée d’un don médiumnique,poursuit à 86 ans le travail commencé avec son mari.Elle est aussi hantée par ses enquêtes passées, dont les objets sont devenus les pièces maîtresses qui garnissent la vitrine paranormale de leur musée The Occult Museum, dans une annexe de leur maison. Ed Warren était un homme confiant, avec une détermination d'acier, un père/mari dévoué d’un calme olympien, de sorte que quand il a l’air inquiet dans ce film vous savez que quelque chose de maléfique va se produire, créant ainsi une peur latente, omniprésente, stressante.
 
Tout est sobre : décors, costumes, effets spéciaux... Le film instaure une atmosphère oppressante, impalpable et soudain brutale et marquante. « Conjuring : les dossiers Warren » nous plonge dans un vertige de frayeurs et de sursauts, très habilement amené par une maitrise parfaite de la mise en scène et du détail. Les motifs de terreur sont renouvelés : poupée diabolique, corbeaux morts, exorcisme, maison hantée, bruit sous le lit, portes qui claquent, fantômes...et les codes réinventés par des choix de caméras et un découpage ingénieux.
 
Bien sûr « Conjuring : les dossiers Warren »n’a rien de novateur ni de révolutionnaire dans son postulat de départ, renvoyant à des œuvres référentielles majeures comme« L’Exorciste » (1973) ou encore « Poltergeist » (1982), mais l’œuvre de James Wan parvient à se démarquer du marché des films de genre actuel sur bien des plans notamment grâce à la bande son stridente de Joseph Bishara ajoutant sa part d’effroi dans quelques séquences fortes. Le duo gagnant Wan-Bishara avait déjà travaillé ensemble pour « Insidious »(2010).
 
Tourné avec un budget de 20 millions $ en reprenant les standards de films de maisons hantées « Conjuring : les dossiers Warren » récolte 41,5 millions $  lors de son week-end de démarrage US pour un film d’horreur original (Source : Box-office Mojo) à sa sortie le 19/07/2013. Ce qui lui permet de détenir le titre de meilleur démarrage pour un film d’horreur classé R (Restricted, interdit aux moins de 17 ans non accompagnés) original, visa de classification délivré par la commission de censure américaine (Motion Pictures Association of America-MPAA), qui avait déclaré le film terrifiant.
 
New Line Cinema, la société américaine qui a produit le film, filiale du conglomérat Time Warner,parle déjà de suite. Le studio a embauché Chad et Carey Hayes, frères jumeaux, (« la maison de cire » 2005, « les châtiments » 2007) qui ont écrit le premier volet de « Conjuring : les dossiers Warren », pour commencer à écrire le scénario de la suite qui va explorer les autres affaires sur lesquelles Ed et Lorraine Warren ont travaillées, dont certaines ont déjà fait l’objet d’un film, comme ce fut le cas d’« Amityville, la Maison du diable » (1979) ou encore de « Le Dernier Rite » (2009).