
Hier matin a eu lieu l'avant-première média de Thor, dieu du Tonnerre et accessoirement pilier de l'univers Marvel. Pour le fan de comics, c'est un événement incroyable, mais le cinéphile reste quand même inquiet au moment où le rideau se lève. Réaliser un film d'action crédible sur un panthéon de dieux nordiques est une tâche difficile.
Dans le comic book "Journey into Mystery #83" édité en aout 1962, les auteurs Stan Lee et Jack Kirby ont eu l'idée d'utiliser les dieux nordiques dans l'univers Marvel. Le but ? Raconter des contes de fée dans un univers de héros body buildés en collants.
Le réalisateur de Thor, Kenneth Brannagh, a parfaitement saisi l'aspect mythologique de Thor et joue sur l'opposition science/magie. Brannagh étant un maitre d'adaptions Shakespeariennes (Hamlet, Henry IV...), il a su transposé les tragédies légendaires (frères ennemis, père autoritaire, amour impossible) sans en faire des clichés et emploie un langage soutenu pour différencier le dieu du simple mortel. L'aspect quête initiatique y est plutôt plaisant, elle nous permet de suivre l'évolution du personnage tout en s'intéressant aux personnages secondaires. Á titre de comparaison, dans Iron Man 2, les personnages secondaires ne sont que des faire valoir de Tony Stark dont on se passerait volontiers.
Fidèle aux comic book ou pas ? Le fan regrettera toutefois le fait que Thor ne parle pas en ancien anglais comme il le fait tout au long du comic book. Le cinéphile nous répondra que cela tuerai le rythme de ce film d'action. Pourtant, cela aurait renforcé la personnalité du personnage perdu sur cette planète Terre et surtout très nerveux. Simple détail, certes, mais on perd ainsi un aspect psychologique du personnage.
Le fan et le cinéphile adoreront le monde d'Asgard, demeure des dieux, fidele en tout point à la version papier de Thor.
On prendra du plaisir à voir Heimdall, gardien du pont, tenir tête à Loki, frère de Thor, alors que sa version papier est plus proche d'un gardien muet. Les Géants des Glaces sont devenus des ennemis plausibles de Thor, voir menaçants, alors que dans le comic book, ils sont juste de la chair à canon. On peut voir le film a plusieurs degrés, le fan relèvera toutes les références, le cinéphile appréciera le souci de relier le film aux autres Marvel.
Quant au choix des acteurs, préférer un inconnu dans le rôle titre est un choix intelligent. Le jeu de Chris Hemsworth est vraiment dans les tons du dieu envoyé sur Terre, il lui manque cependant la prestance du dieu guerrier viking. Dans sa version papier, Thor force le respect par sa prestance et sa puissance, alors que dans le film, celle-ci fait défaut. Anthony Hopkins est, lui, éblouissant en Tout Puissant Odin. Vous serez surpris de voir l'éventail d'émotions que ce maitre nous dévoile, alors que nous commencions à nous habituer à ses phases d'Horreur. Un personnage toutefois surprenant et à suivre évidemment, Tom Hiddleston, qui campe Loki frère de Thor, le dieu "des méfaits et autres mensonges", dont on détecte la fourberie dès son apparition à l'écran.
Annoncé comme un blockbuster de l'été, ce film place la barre haute pour les Captain America et Green Lantern à venir. Aussi, nous vous invitons à rester jusqu’à la fin du générique, car ce qui vous sera dévoilé dépendra de l'avenir des Avengers.